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Même si cela fait plus de 15 ans que je suis menstruée, je dois avouer qu’il n’y a pas si longtemps encore, je n’aurais pas pu expliquer ce qu’était le cycle menstruel chez la femme et surtout expliquer les changements qu’il implique sur nous/en nous. A part dire qu’on avait nos règles tous les mois et que c’était (souvent) pas très agréable, je n’y connaissais pas grand-chose et je subissais passivement les changements dans mon corps et ma tête chaque mois.
J’ai néanmoins commencé à prêter attention à mon cycle en me rendant compte que mon humeur avait tendance à changer [drastiquement] tous les mois et étrangement à la même période.. (hello le SPM). Le fait de suivre mes menstruations, grâce à des applications par exemple, m’a ainsi permis dans un premier temps, de comprendre et d’anticiper ces changements et d’une certaine manière de me “rassurer” sur les fluctuations que je constatais dans mon corps et ma tête.
Et petit à petit, je suis tombée dans le monde magique et fascinant du cycle féminin, ou j’ai (enfin) appris, voir plutôt découvert, comment fonctionnait mon propre corps.
L’apparition d’acné sur mon visage vers mes 27 ans a été le véritable point de bascule qui m’a incité à creuser davantage le sujet et a y être d’autant plus attentive, cette fois plus sur l’aspect hormonal.
Bien que je ne sois pas une professionnelle de santé, une pro de SVT [est-ce qu’ils nous apprenait le fonctionnement de nos cycles d’ailleurs ?] ou juste une experte dans ce domaine, apprendre à connaître et vivre avec mon cycle m’a vraiment permis de sauver ma peau, et m’a permis d’apprendre à mieux vivre avec mes fluctuations hormonales. Suivre mon cycle continue aujourd’hui de m’apporter un mieux être général au quotidien, que je vous souhaite à toutes.
Je trouvais donc ça important de prendre le temps de faire un article sur le cycle menstruel [j’ai bossé et buché haha], puisque que j’y fais trèèès souvent référence sur le blog, vu son influence sur notre peau et tout pleins d’autres aspects de notre vie et la méconnaissance que nous pouvons nous même en avoir.
Alors, le cycle menstruel : qu’est ce que c’est ?
Je vais être assez généraliste et résumer de manière peut-être grossière ce dont il s’agit, n’étant encore une fois pas professionnelle de santé ou quelconque spécialiste. L’objectif est surtout de pouvoir comprendre dans les grandes lignes comment notre corps fonctionne pour mieux appréhender les moments ou se sent comme une patate (ça vous arrive aussi ?) et que notre peau est en PLS vs les moments où on se sent trop belle et où on pense n’avoir jamais eu d’acné !
Du coup en gros, ce que l’on désigne communément par “cycle menstruel”, c’est ce processus unique aux femmes qui englobe tous les changements hormonaux et biologiques (au niveau des ovaires et de l’utérus) qui se produisent de la puberté à la ménopause, le tout dans le but de préparer notre corps à une éventuelle grossesse.
A chaque cycle, donc globalement tous les mois, notre corps va libérer un ovaire et notre utérus va épaissir sa muqueuse (l’endomètre) pour accueillir un embryon dans le cas où il y aurait fécondation de l’ovaire. S’il y a fécondation, la grossesse démarre et le cycle s’arrête. Par contre, s’il n’y a pas de fécondation, l’utérus va éliminer l’endomètre qu’il avait produit, ce qui va donner lieu aux menstruations [aka les règles] et le cycle va redémarrer.
En général, notre cycle dure entre 25 et 35 jours. Il commence le premier jour des règles et se termine le premier jour des règles suivantes.
Pourquoi connaître et observer son cycle menstruel ?
Déjà parce qu’on est amené à vivre avec lui pendant près de 40 ans, puisqu’il se répète de la puberté à la ménopause, alors autant bien le connaître et faciliter la cohabitation !
Aussi, parce qu’à chaque cycle notre corps va passer par différentes phases pour que le processus de préparation à une éventuelle grossesse puisse bien “rouler” (création/libération d’ovaire → préparation de l’utérus → fécondation démarrage grossesse ou non fécondation redémarrage du cycle).
Et le corps étant bien fait, c’est grâce à la libération d’hormones (en particuliers les 4 hormones féminines qui dialoguent entre elles au fil de notre cycle pour dire à notre corps comment agir) que les différentes phases vont se “mettre en place”.
MAIS, les hormones étant des “messagers chimiques” qui transmettent des instructions à nos organes et à nos tissus pour le bon fonctionnement de notre corps, elles influencent aussi grandement nos actions, de notre énergie à notre humeur, en passant par notre peau et notre digestion.
Notre mode de vie (notre alimentation par exemple) peut par ailleurs avoir un fort impact sur ces hormones. Les connaître et comprendre comment elles fonctionnent, c’est donc en quelque sorte pouvoir les maîtriser et in fine.. un peu influencer l’aspect de notre peau d’où l’importance de comprendre et connaître notre cycle – tout pour sauver sa peau!
Concrètement, que se passe-t-il dans notre corps au fil de notre cycle ?
Tout au long du cycle, notre corps va passer par différentes phases et changements physiologiques sous l’action des hormones sexuelles féminines. Comme je le disais, ces hormones vont “dialoguer” entre elles au fil du cycle. Lorsqu’une hormone va monter ou descendre, elle va envoyer un signal pour ajuster la production des autres, le tout étant orchestré par l’hypothalamus, l’hypophyse (une glande dans notre cerveau) et les ovaires.
De part leur rôle et effets, les fluctuations hormonales vont nous affecter de différentes manières durant les phases de notre cycle et un déficit ou un excès de ces hormones peut impacter l’équilibre de notre santé.
Les quatre hormones sexuelles féminines responsables du processus du cycle menstruel sont :
- La FSH ou hormone folliculo-stimulante
Elle va progressivement être sécrétée après les règles, afin de démarrer un nouveau cycle.
En gros, cette hormone a pour fonction de stimuler les ovaires pour que des follicules se développent et deviennent matures (les follicules contiennent des ovocytes, qui une fois mature deviennent des ovules. Parmi ces ovocytes, un seul atteindra la maturité et sera libéré lors de l’ovulation).
Mais en se développant, les follicules vont produire pas mal d’œstrogènes, qui eux vont jouer un rôle crucial dans l’épaississement de l’endomètre.
Si l’hormone FSH agit principalement sur les ovaires, elle peut avoir un effet sur l’humeur ou la peau via la production d’œstrogène.
- La LH ou hormone lutéinisante
L’hormone LH est responsable de l’ovulation.
Elle est présente principalement durant la phase ovulatoire (ci-après l’été). Concrètement, une fois qu’un certain seuil d’œstrogènes est atteint et que le follicule contenant l’ovule est à maturation (sous l’effet de la FSH), l’hypophyse va libérer de la LH pour préparer l’ovulation.
Juste avant l’ovulation, l’hypophyse va lancer un pic de LH pour déclencher la libération du follicule mûr qui lui-même libère un ovocyte dans les trompes.
Le pic de LH va par ailleurs entraîner une montée des œstrogènes et de la testostérone.
- Les œstrogènes
Les œstrogènes sont des hormones principalement responsables de la maturation des follicules et de l’épaississement de l’endomètre (durant les phases folliculaires et ovulatoires). Elles jouent un rôle clé dans la libération de l’ovule mature.
Outre les effets physiques, les œstrogènes régulent aussi grandement notre état psychologique en influençant notre cerveau et nos neurotransmetteurs :
- Lorsque le niveau d’œstrogènes est faible, il y a peu d’activation de la dopamine (hormone du plaisir) et de la sérotonine (hormone du bonheur), deux neurotransmetteurs qui contribuent à l’humeur, la motivation et le mouvement notamment.
- Lorsqu’à l’inverse le niveau d’œstrogènes est élevé, cela peut booster la production de sérotonine et de dopamine. Un excès d’œstrogènes peut néanmoins provoquer de l’anxiété, de la nervosité, des sautes d’humeurs, ou encore de la rétention d’eau.
- La progestérone
La progestérone est une hormone qui va principalement être produite après l’ovulation, lorsque le follicule qui a libéré l’ovule dans les trompes se transforme en “corps jaune”, après s’être vidé de son ovule. C’est lui qui est responsable de la sécrétion de progestérone.
Cette hormone va surtout agir sur l’endomètre, en le rendant plus épais et en le stabilisant pour faciliter l’implantation d’un possible embryon.
Par ailleurs :
- Présente en grande quantité dans le corps, la progestérone peut influencer la sérotonine et la GABA (acide gamma-aminobutyrique) ce qui entraîne des effets calmants voir fatigants.
- A l’inverse, en quantité trop faible, la progestérone peut entraîner des sautes d’humeurs mais aussi provoquer de l’acné durant les règles (!!!) ou encore des difficultés au niveau du sommeil.
Ces 4 hormones vont donc plus ou moins fluctuer dans notre corps au cours de 4 grandes phases.
On compare souvent ces 4 phases aux saisons, ce que je reprends moi-même tant elles sont représentatives de mon état physique et moral chaque mois (et qu’elles permettent en bonus de faire rapidement comprendre mon mood à mon entourage !).
Le cycle des saisons
- La phase menstruelle – ou l’hiver
En général, on reconnaît assez facilement cette phase du cycle par l’inconfort que peut représenter en tant que telles les menstruations [et les possibles douleurs qui y sont associées] mais aussi par le mood dans lequel on se trouve. Personnellement, je me sens particulièrement fatiguée durant mes règles, et moi qui d’habitude adooore faire du sport et me donner à fond, pendant cette période du mois je sens vraiment que je dois lever le pied !
Dans notre corps, s’il n’y a pas eu de grossesse, on va éliminer l’endomètre ce qui va déclencher les règles et donc un nouveau cycle. Nos taux d’œstrogènes et de progestérone seront au plus bas, ce qui va influer sur notre énergie et notre état d’esprit.
Cette phase du cycle menstruel est associée à l’hiver, puisque comme dans la nature cette saison est associée au calme, au ralentissement et à l’hibernation. L’hiver, c’est donc clairement la phase du mois ou tu as juste envie de rester chez toi, dans ton lit à te reposer et te chouchouter (en tout cas, c’est le parfait moment pour !). Comme dans la nature, c’est une période plus d’introspection, qui marque la fin d’un cycle et la promesse du renouveau.
- La phase folliculaire – ou le printemps
Définitivement ma période préférée du mois, la phase folliculaire est marquée par une retour en force des œstrogènes qui vont dominer pendant toute la période.
Leur effet est immédiat : l’augmentation des œstrogènes est associée à une réduction des symptômes dépressifs et une amélioration de l’humeur.
Comme pour l’arrivée du printemps, c’est la phase du renouveau avec le retour des beaux jours, des floraisons et du soleil.
La phase folliculaire, associée au printemps, c’est la période du mois ou on pète la forme, ou on est pleine de motivation et d’optimisme ! Personnellement, c’est le moment du mois ou tout me semble possible, ou je suis créative, ou j’ai envie d’aventure, d’être à l’extérieur, de voir des gens, de sociabiliser, bref de vie effervescente quoi !
- La phase ovulatoire – ou l’été
La phase ovulatoire est marquée par des pics hormonaux (de LH et d’œstrogènes) importants qui vont là aussi grandement améliorer notre humeur et notre sociabilité.
L’ovulation est alors associée à l’été, puisque c’est la période du cycle ou on est en général à notre max tant d’un point de vue physique que psychologique.
Cette phase, associée à l’été, est synonyme d’intensité, de partage, d’épanouissement. Si pendant le mois, il y a un moment ou vous vous sentez vraiment bien dans votre peau, ou vous prenez plaisir à dépasser vos limites en sport ou vous vous trouvez belle en vous regardant dans la glace (des boutons, ou ça ?) et rayonnante c’est que vous êtes en été !
A noter tout de même qu’un niveau d’œstrogènes trop élevées peut, pendant cette période, provoquer de l’irritabilité.
- La phase lutéale – ou l’automne
Après l’ovulation, il va y avoir une chute rapide des hormones LH et œstrogènes qui va créer le fameux “down” qu’on peut ressentir. Pour compenser, notre corps va produire plus de progestérone qui va dominer durant la phase lutéale, avant de rebaisser brutalement avant les règles.
Cette phase marquée par de fortes fluctuations hormonales est associée à l’automne, puisque c’est une période de transition, qui marque un retour à soi et la préparation à un nouveau cycle.
Globalement c’est un peu comme le mood de fin de vacances, quand il faut laisser ses copains, rentrer et retourner à sa vie normale. Si dans la vie j’adore l’automne, dans mon cycle je pense qu’il s’agit de la phase qui a le plus d’impact sur mon humeur. C’est le moment où je vais me sentir super anxieuse et que je suis littéralement capable de pleurer si mon stylo tombe (et j’exagère à peine..).
C’est durant cette phase que peut apparaître le fameux syndrome prémenstruel (SPM) qui crée une baisse d’énergie, des maux de ventre ou de tête, de la lassitude etc.
Si vous ressentez un quelconque déséquilibre au niveau de votre cycle et/ou que votre cycle vous impact de façon trop importante au quotidien, il est essentiel de vous rapprocher d’un professionnel de santé compétent. |
J’espère que cet article vous aura permis d’en apprendre un peu plus sur votre cycle, ou à tout le moins de vous faire vous sentir moins seules quand vous vivez les différentes saisons.
N’hésitez pas à me faire part dans les commentaires, de votre expérience sur comment vous gérer ces fluctuations hormonales et si vous avez des petites astuces pour que tout ça se déroule tranquillement !